Notes d'olfaction : les 4 saisons de mes odeurs préférées. Printemps/été


A chaque saison ses plaisirs ! Voici, en 2 articles, la liste des odeurs qui m’émeuvent ou me transportent. Elles sont bien sûr liées à mes souvenirs, mais je pense que cela va résonner avec les vôtres. Cette liste est non exhaustive, ce n’est pas le but.
En rapport avec quelques-unes de ces notes, je vous ai mis des noms de parfums à venir sentir à la boutique.
Nous sommes en mars, et c’est aujourd’hui le printemps !

AU PRINTEMPS :

Ces odeurs sont du fait, très liées au renouveau de la nature, au jardin et aux fleurs, bien sûr.
Mais il se trouve qu’étant citadine, une odeur que j’adore, dès mi-mars, c’est celle de la ville au matin. A Montpellier il n’y a pas d’industries, du coup cela donne une odeur matinale de linge propre, je sais, cela va en surprendre beaucoup ! Le samedi matin tôt, très précisément, avant que les voitures ne prennent possession de la ville, l’air est gorgé de fraicheur et d’iode apportées par la mer, située à une dizaine de kms.


Dès début avril, si j’ai la chance de me promener alors dans un jardin, comme celui du château de Flaugergues, où j’ai pris cette photo, mon nez va instantanément me diriger vers les roses anciennes. Ces notes étonnantes de litchi, de pêche, de framboise ou parfois même de citronnelle que peuvent dégager ces roses aux pétales couleur de layette m’envoûtent à tous les coups. J’adore les gelées de roses, où je retrouve ces aspects fruités.
NDLR : Une note qu’on retrouve dans Ce soir ou jamais et dans Rose splendide, d’Annick Goutal.


Les premiers beaux jours signent également le retour des jardiniers et de leur tondeuse ! Cette herbe tout juste coupée, à la note tellement verte de cis-3-hexenol (note à l’origine de l’odeur d’herbe tondue), de végétal humide, un peu grasse met du baume au cœur. Une odeur un peu moins perceptible en plein centre de Montpellier, je vous l’accorde !...


Tout aussi verts, les buis. Pour beaucoup, ces plantes ont une odeur de…pipi de chat ! Mais ayant été élevée avec des chiens à la maison, rien de tel pour moi, qui la rapproche de l’odeur du bourgeon de cassis.


Le printemps avance bien et la glycine commence alors son exubérante floraison, accompagnée d’une odeur enivrante, lourde, généreuse, voluptueuse, animale, tirant sur le jasmin, une odeur qui peut donner le tournis. Un bonheur double, puisque la glycine refleurit un peu plus tard.
NDLR et avis aux parfumeurs ! A mon avis, une belle odeur de glycine manque, en parfumerie.


EN ETE :

Depuis toute petite, pour moi l’été, c’est l’odeur des piscines, plus que de la mer. C’est donc l’odeur du chlore, qui reste sur la peau après les bains, c’est l’odeur du plaisir à plonger et nager. 
J’ai retrouvé cette photo, j’avais 8 ans, je m’en souviens encore !


Bizarrement, lorsqu’il fait chaud, très chaud à Montpellier, le matin, il peut flotter dans l’air ce qu’on appelle avec David, ma moitié, l’odeur de « l’Amérique du Sud » ! Lui a senti cela en Colombie, et moi au Brésil. Une vague odeur aldéhydée, chlorée, légèrement humide, qui nous fait savoir à coup sûr, qu’on va avoir bien chaud dans la journée !


Quand je reviens dans mon Allier natal, je cours vers les champs, quand les foins viennent d’être faits, en juillet. L’odeur de la campagne à ce moment-là, tourne à la parfumerie ! La coumarine, présente aussi bien à l’état pur dans le foin que dans la fève tonka, confère une odeur douceâtre et "amandée" à toute la nature environnante !
NDLR : comme c’est une matière première qu’on dit « de fond », elle porte beaucoup de parfums, mais il est difficile de l’identifier dès le début ou de la reconnaître comme telle, à moins d’avoir un nez bien entraîné. Disons que Ambre céruléen chez Huitième art lui rend hommage.


Puis vient la pluie, promesse de respiration après l’orage, et odeur de poussière mouillée, assez proche des racines d’iris, le souffle de la terre autant que du ciel.
NDLR : Angéliques sous la pluie, chez Frédéric Malle, une eau composée par Jean-Claude Ellena, donne bien à sentir cette note fraîche et verte, aqueuse tout en étant légèrement boisée et poussiéreuse.


Il est maintenant temps d’aller cueillir de belles tomates au jardin, bien rouges, celles avec du goût, dont peu de citadins connaissent le goût sucré. Le plaisir de froisser leur tige ou leurs feuilles est immense, cette odeur verte et soufrée est typique de ce légume-fruit. 
NDLR : Les notes de tête de Ninféo Mio, chez Goutal raviront les nez qui aiment cette note autant que moi. Puis le cœur de figue de cette composition me permet de passer à ce que j’appelle…


L’odeur du sud ! Ce qui peut être différent pour chacun. Elle est double pour moi. Ce peut être aussi bien l’odeur aromatique des cyprès, que celle des feuilles de figuier qu’on froisse entre ses doigts, différente, bien de l’odeur des fruits.
NDLR : en 1994, Olivia Giacobetti a réussi, magistralement, à mettre cette odeur en bouteille, en créant pour l’Artisan Parfumeur, Premier Figuier.




Et vous, quelles sont vos odeurs préférées pour ces saisons ?