Une cliente, une rencontre : Aurélia Dubuc, journaliste et auteur du livre "Les filles, je suis enceinte !" *


Une nouvelle rubrique voit le jour. En plus des interviews de professionnels de la parfumerie comme par exemple, celle faite à Pierre Guillaume, j'ai envie de faire parler un peu plus...mes clientes et mes clients ! Vous, donc ! ;)

Je commence avec Aurélia, et la laisse répondre à mes questions, orientées vers les bonnes choses de la vie, les odeurs, les parfums et la gastronomie ! 

MA RENCONTRE AVEC… 

AURELIA DUBUC, journaliste et auteur du livre « Les filles, je suis enceinte ! »*

J’ai connu Aurélia à la boutique grâce à la presse ! Il y a quelques années, elle est d’abord venue me voir pour écrire un court papier sur mon activité dans le supplément Languedoc-Roussillon de ELLE. Puis elle est devenue cliente, attirée par tous ces beaux parfums que je présente (si je ne fais pas ma pub moi-même, qui la fera ?!)

Cette grande jeune femme, très posée, presque quadra, déjà maman de deux ados, a redécouvert il y a 2 ans les joies de la maternité en donnant naissance à un sympathique petit gars. L’idée lui est alors venue d’écrire un guide sur la grossesse mêlant son expérience de maman et de journaliste santé, le tout sur un ton complice et bienveillant. L’expertise des spécialistes qu’elle a interviewés se mêle aux témoignages de ses amies et aux avis forcément décalés de son compagnon d’écriture… Brooklyn the Cat !

Aurélia porte Une Rose de Frédéric Malle.

Brooklyn bogosse crédit Spaule
Aurélia, maintenant que tu es familière de ce type de parfumerie, qu’est-ce que cela t’inspire ? Comment en parlerais-tu autour de toi ? 

Avant, je me parfumais pour faire comme tout le monde, quand j’y pensais. J’ai porté Angel de Thierry Mugler puis J’adore de Dior. Mais sans véritable passion. Quand mon flacon était terminé, je pouvais attendre plusieurs mois avant d’en racheter. Je n’irais pas jusqu’à dire que pousser la porte de « Qu’importe le flacon » a été une révélation, mais presque ! Prendre le temps de trouver le parfum qui nous correspond réellement, c’est important. C’est comme une rencontre amoureuse. Ca sonne comme une évidence. Et quand c’est fait, on se dit « mais comment je faisais avant pour vivre sans lui/sans elle ? ». 


Dans ta famille, on se parfume ? Des souvenirs olfactifs ?

Mes premiers souvenirs remontent au parfum de la crème hydratante de ma grand-mère. Je n’arriverais plus à dire ce que c’était exactement, je me souviens juste que j’aimais ça. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est ce que portait ma marraine, dont j’étais très proche. Paris, d’Yves Saint Laurent, incarne parfaitement la femme extrêmement raffinée qu’elle était. D’ailleurs, quand je suis venue te voir en tant que cliente et que tu m’as posé quelques questions pour savoir quelle fragrance pourrait me plaire, j’ai évoqué ce souvenir et tu m’as fait sentir Une Rose qui m’a tout de suite plu. J’ai trouvé ton flair assez magique. C’était il y a 5 ans et je n’ai plus jamais porté autre chose. D’ailleurs, comme je le dis dans mon livre, même les jours où je ne me coiffe pas et ne me maquille pas, je me parfume.


Quelles sont plus généralement tes odeurs préférées, celles qui t’émeuvent ? 

J’adore le parfum dégagé par l’herbe qui vient d’être tondue. Et évidemment l’odeur d’un bon plat en train de mijoter. Par contre, j’aurais du mal à expliquer pourquoi, l’odeur de la lavande me fait fuir.


Le dîner arrive, plutôt resto entre copains ou réception à la maison ? Qu’aimes-tu préparer ?

J’aurais tendance à être plutôt dîner à deux au resto et tablées de copains à la maison. Quand on invite, je me réserve la décoration de la table et la préparation du dessert. Le côté extrêmement rigoureux de la pâtisserie, avec des mesures, des températures et des temps de cuisson bien précis, ne me pèse pas, au contraire. Comme je n’ai pas beaucoup d’imagination, ça me convient même très bien. Quand je manque de temps, je fais du tiramisu, de la mousse au chocolat, du crumble, du gâteau de semoule. Mais j’aime bien me faire un peu peur avec des recettes compliquées. En général, ça passe ! Sauf quand j’ai tenté le gâteau de crêpes et le cheesecake à la crème de marron…

Soupe de homard en Islande crédit Spaule
On nous rappelle sans cesse que notre génération cuisine car nos mères ne le faisaient pas. Comment c’est chez toi ?

Chez mes parents, c’est effectivement mon père, charcutier-traiteur de formation, qui était le plus souvent devant les fourneaux. Ma mère s’occupait des desserts. Et à la maison, c’est aussi monsieur qui prépare l’essentiel des repas. Il aime ça et le fait très bien. 


Et qu’aimes-tu déguster ? 

Si mon métabolisme me le permettait, ce serait des pâtes et des pizzas tous les jours… Mais en tant que journaliste santé, je me dois de (me) rappeler qu’il faut manger des légumes. J’aime aussi beaucoup la cuisine asiatique, les huîtres et le foie gras sous toutes ses formes, même si j’ai un faible pour le poêlé. Plus récemment, je me suis découvert une passion pour la burrata et les petits pâtés de Pézenas !


Fromage ou dessert ? En bref, sucré ou salé ?

Je suis un vrai bec sucré, avec une préférence pour les saveurs chocolatées. 


Quelles autres sensations te procurent du plaisir ?

Enfouir les mains dans le sable chaud, me glisser dans des draps tout propres et bien repassés, écouter « Le clair de lune » de Debussy, galoper sur la plage…


L’endroit de ta ville que tu préfères ?

Le cinéma, autant le Gaumont Comédie que le Diagonal.


Un lieu pour te ressourcer ?

Ma baignoire.


Ton occupation préférée, voire ta passion ?

Le cinéma. Seule, en amoureux, en famille, avec une copine.


Il est de bon ton d’avoir un livre de chevet… Le tien, ce serait ?

Alors en ce moment, sur ma table de chevet, il y a « Doublez votre mémoire » de Philippe Katerine. C’est un livre-ovni, comme tout ce qu’il fait, un journal intime mêlant croquis et souvenirs. Je suis une grande fan du monsieur. Après, parmi les livres qui raisonnent toujours en moi, il y a Dolce Agonia de Nancy Huston, L’Hôtel New Hampshire de John Irving et tous les romans de Paul Auster.


Un beau souvenir d’enfance ?

Là aussi c’est impossible de n’en citer qu’un. J’ai eu une enfance relativement solitaire de fille unique mais elle a été heureuse. La plupart de mes bons souvenirs sont liés à des moments passés avec mes parents et mes grands-parents, autour d’une table ou d’un film d’ailleurs !


Qu’aurais-tu aimé faire d’autre comme métier ?

Si j’en avais eu les capacités intellectuelles, j’aurais été médecin ou pilote d’avion. Si j’avais eu suffisamment de folie pour me lancer dans une voie où il y a peu d’élus, j’aurais travaillé dans le cinéma. J’ai été trop frileuse. Mais je soutiens à 200% mes grands qui veulent devenir sage-femme pour l’une et réalisateur pour l’autre. Je ne les ai jamais poussés à réaliser ce que je n’ai pas fait. Mais j’aime penser que j’ai su leur transmettre un peu de la passion que tout ça m’inspire.


Une devise ?

On la doit à René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »


Et pour terminer, je vous livre un extrait du livre d’Aurélia. C’est la réponse à la question que se posent parfois les futures mamans : « Enceinte, je peux me parfumer ? »

« J’ai été surprise quand Stéphanie m’a dit ne plus se parfumer pour éviter d’exposer son futur bébé à des substances potentiellement toxiques. Je ne m’étais jamais posé la question. J’ai porté Une Rose de Frédéric Malle, cadeau du papa de mon petit koala devenu mon parfum fétiche, pendant toute la grossesse et l’allaitement. Même le cheveu sale et les yeux sans mascara, je m’accordais le temps de déposer un pschitt derrière chaque oreille. 

Intriguée, j’ai du coup fouillé un peu et effectivement, certaines études mettent en garde contre l’utilisation des parfums pendant la grossesse. Mais il n’y a rien d’alarmant non plus. Si vous voulez jouer la sécurité, parfumez vos vêtements plutôt que votre peau. De toute façon, il est possible que vous ne supportiez plus votre parfum habituel, hormones de grossesse obligent. A l’inverse, si vous avez l’impression qu’il ne sent plus rien, inutile de doubler la dose : là aussi vos hormones peuvent expliquer une baisse d’odorat passagère. »

* « Les filles, je suis enceinte ! », chez Leduc.S éditions, 16 euros.